La séance QHHT de Jean-Paul : entre la libellule et les étoiles

Au moment de la séance, Jean-Paul est un homme aux alentours de la cinquantaine. Il a une vie plutôt saine, il est ouvert à diverses traditions, notamment orientales. Pas moins que d’autres personnes, il se pose un certain nombre de questions sur sa vie actuelle, ses expériences passées, ses projets. Il n’a pas encore fait d’expérience de type QHHT. Nous prenons le temps de discuter de tout ce qu’il pense pouvoir être important dans sa vie, les faits saillants, les épreuves, les questions, les réussites… Nous faisons le tour, sachant bien sûr qu’il n’est pas évident de résumer une vie en deux heures… Puis nous passons à la phase plus méditative de l’expérience. Celle-ci, rappelons-le, se passe -en QHHT- allongé, les yeux fermés.

A la fin de l’induction, Jean-Paul a besoin d’un peu de temps pour s’orienter, laisser venir les choses, et c’est tout à fait bien. Je lui précise que tout va s’éclaircir à mesure qu’il parle…et c’est le cas, tranquillement. Dans l’expérience qui se dessine calmement, « il fait jour », et c’est « à l’extérieur », et « il fait bon ».

Il faut simplement que Jean-Paul s’autorise à entrer dans l’expérience, à faire part de ses impressions, sans essayer de, sans s’efforcer à, sans chercher à… Juste laisser venir. Pas besoin d’analyser, de se demander si, de savoir si… Est-ce que j’imagine ? Qu’est-ce que je dois dire ? Et si ça ne marchait pas ? Et qu’est-ce que je fais là ? Cela n’a aucune importance, juste laisser venir, et commencer à raconter…

Je continue de poser quelques questions, pour l’aider à laisser parler ses sens :

-Est-ce que tu peux sentir le sol sous tes pieds ?

– Oui.

– … Oui. À quoi ressemble la sensation de ce sol ?

– … C’est frais.

– C’est frais. C’est plutôt rugueux, pas rugueux ?

– C’est comme de l’herbe.

Voilà, nous entrons tranquillement dans l’expérience. Il y a du gazon, plutôt frais. « Jean-Paul » est pieds nus sur ce gazon. Il se sent dans un corps, plutôt jeune…et féminin, en pleine santé. Des cheveux longs, plutôt clairs… et peu de vêtements, juste une robe longue, claire, près du corps et longue. Rien sur la tête, de longs cheveux, rassemblés en une coiffure, qui les tient, une tresse. Les bras nus. Il fait doux, c’est agréable. Pas d’objets particuliers. Et cet endroit est lumineux. Jean-Paul prend tout le temps nécessaire pour laisser l’expérience se déployer. C’est très bien, nous ne sommes pas pressés… Il y a des insectes… volants… Des libellules. Il y en a une, qui virevolte là, elle est là… « Jean-Paul » a l’impression qu’il la connaît, c’est comme si elle venait le/la voir. Il/elle (je ne rappellerai plus ensuite que dans cette expérience, Jean-Paul est une jeune femme…) se sent bien dans cet endroit. C’est comme si elle était venue observer. Observer les couleurs, notamment ; les reflets de l’eau… Elle est seule dans cet endroit…

A ce moment de la séance, j’entends très clairement une moto de grosse cylindrée démarrer dans la rue, et rester là, et ne pas partir, et pour moi c’est très long, et je voudrais qu’elle parte, cette f….. moto… Et je fais comme si de rien n’était, et je demande à la jeune femme ce qui se passe, « dans cet endroit où il fait doux, au bord de l’eau, et où il y a cette libellule » qui est venue la voir. « Jean-Paul », heureusement, continue dans l’expérience ; il n’y a pas de moto, là où elle est, mais « une petite cascade ». Je continue de poser des questions pour avancer dans l’expérience… « Jean-Paul » est silencieux, je l’invite à continuer de me parler. Je lui demande si elle a l’impression d’habiter près d’ici ou plus loin. Elle a l’impression d’habiter…un coin dans la savane. Pas de constructions dans cet endroit, juste la nature. Il y a des arbres, « de grands arbres, avec des écailles ». Elle ne connaît pas particulièrement cet endroit, elle observe les couleurs…et les racines des arbres… Elles sont belles, elles sont fines. Il y en a plein. Je lui demande : « Il y a beaucoup beaucoup d’arbres ? » et elle me répond « …Beaucoup de racines. » Ça l’intéresse, les racines des arbres, elle les regarde souvent. Il ne se passe rien d’autre dans cette scène, c’est juste agréable. Elle se repose près de l’arbre. D’habitude, elle voyage ; des voyages de nomade… « Sa famille est là, avec l’arbre, les racines ». Elle se colle à l’arbre, elle sent son cœur, son âme battre. Ça fait du bien. Elle aime bien cet arbre-là plus particulièrement, elle le reconnaît. Il lui dit qu’il est bien ancré dans le sol, que la terre y est bonne, ici tout particulièrement. « Il a de belles écailles. » Elles sont de couleurs verte, émeraude, marron… Il ne se passe pas grand-chose, dans cet endroit. Il y fait plus humide, comme si la pluie arrivait. C’est un climat tropical, « il peut pleuvoir à un moment, et faire sec peu après. » Là, on a l’impression qu’il va pleuvoir très fort, comme pendant la mousson. C’est calme.

On dirait bien que rien d’autre n’ait encore à se passer, et je suggère à Jean-Paul de passer à un autre moment, un moment important où quelque chose se passe.

– Qu’est-ce qui se passe ? Que vois-tu ?

Nous nous trouvons…

Et là, j’essaye de ne pas grincer des dents ; j’entends une disqueuse quelque part dans le voisinage. Je sais bien que monde ne tourne pas autour de notre séance d’hypnose, mais je ne peux m’empêcher de penser : Sérieusement ? Ici encore, j’essaye de faire comme si de rien n’était, et continue sur le ton le plus apaisant possible.

Et dans son expérience, Jean-Paul se trouve à l’extérieur. Il fait jour. Et il y a…de la neige… Il fait gris, et…

Et là, pour moi, alors que passe une moto dans la rue, un camion recule, avec son signal de recul, précisément, qui résonne entre les immeubles. Ce cumul imprévu deviendrait presque risible. Mais la séance est en cours, il faut en prendre son parti.

Retour à l’expérience de Jean-Paul : il fait gris, donc, et froid. Il y a le bruit cotonneux de la neige qui tombe, c’est feutré. Jean-Paul est seul dans cet endroit, mais ça va. Il se sent jeune, en bonne santé. Il sent son corps dans la neige. Il se sent à quatre pattes dans la neige, il s’enfonce. Il y a beaucoup de neige. Il a des vêtements chauds… Doudoune, gants, moonboots, combinaison… Là, nous comprenons bien que Jean-Paul est passé dans une autre expérience… De toute évidence, nous ne sommes plus avec la jeune femme de tout à l’heure. Il s’enfonce beaucoup dans la neige ; en fait, il est en train de laisser l’empreinte de son corps. « Ça va », c’est un moment frais, plutôt agréable, il tambourine dans la neige, comme un enfant joue. Il y a de l’herbe fraîche, sous la neige. Pas grand monde autour.

Pendant ce temps-là, pour moi, on dirait que ce f…. camion, dans la rue, a choisi cet endroit pour s’entraîner à reculer encore et encore. Je ne pensais pas que la rue était si longue… Ça bipe, encore…

Heureusement, Jean-Paul est toujours dans son expérience, et il y a un chalet, un grand chalet en bois, briques, crépi, dalles… On dirait qu’il n’y a pas grand monde dans ce chalet ou autour. Il y a juste les arbres, petits, grands, enneigés. La neige tombe. Ce jour est un jour important, parce que…c’est la première fois que Jean-Paul voit de la neige… C’est bien, c’est léger, c’est drôle, c’est frais…

Nous avons vu ce qui devait être vu dans cette scène, rien d’autre ne semble devoir se passer. Je suggère à Jean-Paul de quitter cette scène et de se déplacer à un autre moment, à un autre endroit importants, où il se passe quelque chose. Et « important » ne signifie pas nécessairement « spectaculaire ».

De fait, Jean-Paul me dit, amusé : « Il y a une pizza ». Elle est grande ; il y a de la sauce tomate, du fromage, des champignons, des olives… C’est dans une pizzeria, et c’est joyeux. Il fait chaud, c’est la nuit. Il y a un feu de bois. Dans cette expérience, Jean-Paul n’est pas seul ; il est avec ses parents, des amis, il y a du monde. Un rendez-vous, et c’est agréable. Jean-Paul est tout jeune. C’est important, parce que c’est une journée joyeuse, même si « d’habitude, c’est bien aussi. » C’est un peu comme une fête improvisée. Il aime ça, les pizzas. Il en prend souvent, mais là, Jean-Paul, ses parents, etc, sont arrivés après avoir voyagé. Un long voyage en voiture, c’était bien. Là, c’est un peu comme rentrer chez soi. On se regarde (l’émotion remonte chez Jean-Paul), dans la joie, on peut se sourire. Nous prenons le temps de profiter pleinement de ce moment joyeux et agréable…puis nous passons à un autre moment, une journée importante et « où quelque chose se passe ».

Là, Jean-Paul s’oriente progressivement. Je l’aide en lui posant des questions : « Est-ce que tu es à l’intérieur ? Est-ce que tu es à l’extérieur ? …Comment dirais-tu ? ». Et Jean-Paul se trouve « … à l’intérieur ». Je lui demande : « A l’intérieur ? Quel genre d’intérieur ? … … … Est-ce que c’est grand ? Est-ce que c’est petit ? »

Jean-Paul : …C’est petit…

Alexandre : Plutôt petit ? Hm, et à quoi ressemble cet intérieur ?

On voit ici que les questions ne vont pas de soi… Effectivement, Jean-Paul se trouve « à l’intérieur », et cet intérieur est « petit », car c’est…

Jean-Paul : « … un casque… de cosmonaute »

Alexandre : Un casque de cosmonaute ? Tu portes un casque de cosmonaute ? (- Hmhm) Et qu’est-ce que tu fais avec ce casque de cosmonaute ?

Jean-Paul observe, « en rotation…les éléments… »

Pendant ce temps, j’entends des enfants à l’extérieur, comme une récréation ou une sortie des classes, tandis qu’un avion passe, bruyamment, dans le ciel. Cela ne semble pas gêner Jean-Paul, qui poursuit son exploration. Il n’entend pas non plus ces hommes qui s’interpellent, dans la rue… Dans son expérience, il observe des éléments du quotidien, comme des gobelets… Il se trouve dans une « pièce », en apesanteur… Il n’en a pas l’habitude. Là, il rebondit, il teste l’apesanteur. Il est un homme, explorateur, plutôt mûr, dans l’espace. Il est venu s’entraîner dans l’espace pour une mission. Il se sent serein, comme quelqu’un qui découvre un élément plutôt agréable, rien d’hostile. Que des choses qui voguent. On dirait que cela fait longtemps qu’il est là-haut… Il va retourner chez lui, dans le grand appartement où il vit d’habitude. Il y retrouvera sa femme et sa fille… Elles sont lumineuses d’une belle lumière… Elles savent ce qu’il fait là-haut ; ils peuvent communiquer, il y a les moyens pour le faire ; ils peuvent communiquer « par les gestes ». Apparemment, la mission se passe bien, et va bien se passer ; il pourra rentrer comme prévu.

Je lui demande s’il se passe quelque chose d’autre encore dans ce bel endroit en apesanteur… Jean-Paul me dit que « c’est… très blanc ». Je cherche à savoir pourquoi, si c’est parce qu’il y a beaucoup de lumière par exemple. « Il y a un blanc comme du riz blanc (…) très blanc. » Je lui demande s’il peut me décrire plus ce blanc, cette clarté… S’il y a beaucoup de clarté… Effectivement, il y a beaucoup de clarté, ça scintille… Selon Jean-Paul, s’il faut situer cette lumière blanche, il pense qu’elle « doit être en en réflexion sur le casque, le verre du casque de cosmonaute ; ça fait une réflexion de lumière et ça la décuple… C’est agréable, il aime ce qu’il fait ( « Ah oui ! … C’est comme du trampoline (…) mais on ralentit (…), on se sent souple ») C’est agréable de faire des roulades, des sauts… Et à l’extérieur, c’est beau aussi, c’est « un peu comme de rebondir sur des nénuphars »… Je ne peux qu’essayer de l’imaginer !

S’il ne se passe rien d’autre dans cette belle scène, je suggère à Jean-Paul de passer à une autre journée où quelque chose se passe, quelque chose d’important pour lui…

Je l’aide tranquillement à s’y repérer. Là, c’est à l’extérieur, et il fait jour. Et cet extérieur est un grand désert, un désert de sable, et ce sable est chaud. De toute évidence, Jean-Paul n’y entend pas la disqueuse que moi j’entends de nouveau, dans le voisinage… Le sable est de couleur orangée. Dans cet endroit, Jean-Paul ne se sent pas mal, mais pas mieux que ça. Dans cette expérience, Jean-Paul se sent « plus tout jeune, plutôt vieux ». Je lui demande s’il se passe quelque chose, dans cet endroit… Il semble observer… « Il y a de la fumée », au loin, beaucoup de fumée. Je lui demande : « Et ça a l’air de venir d’où, cette fumée ? » …D’installations… comme une caserne… Lui, il observe, de loin… Vis-à-vis de ce qu’il observe là, il se sent « flegmatique »… Apparemment, il connaît cette installation, cette caserne. J’essaye d’en savoir plus :

Alexandre : Et est-ce qu’il se passe quelque chose d’autre dans cet endroit ?

Jean-Paul : … Ça fume.

A : Ça fume. Est-ce que l’on sent quelque chose ? Ou… ou c’est trop loin ?

J-P : C’est trop loin.

J’ai le sentiment que quelque chose le retient d’aller y voir ; je lui rappelle donc que là où il est, il peut compresser le temps et l’espace…

A : Si tu te rapproches de ce qui se passe, qu’est-ce que tu vois ?

J-P : … … Du raffut…

C’est indistinct encore, mais il y a de la pagaille. C’est la cohue… Le ton de Jean-Paul n’est pas enthousiaste, mais il est plutôt sur une forme de retenue triste ; il se passe de toute évidence quelque chose de pas bien joyeux. Il y a du bruit, de l’agitation, du raffut… Jean-Paul a un ton désabusé… Il connaît l’endroit dans le sens où il connaît son existence, mais il n’en est pas familier et ne connaît pas les gens. Le ton de Jean-Paul se fait amer ; il n’aime pas ce qu’il voit. Toute cette pagaille a été causée par une détonation… Jean-Paul semble savoir quel genre de détonation, mais est réticent à en parler. Dans cet endroit… on sent la désertion des lieux, l’endroit se vide, les gens quittent les lieux, se sauvent. Jean-Paul a besoin de temps, mais il décrit cette scène peu réjouissante : les gens ont peur, de cette détonation, de toute la fumée… Ils ont peur. Ils vivaient là. Ils ont plein de poussière sur les vêtements, et de sable… Je lui demande s’il sait quel est son rôle dans cette scène… Il se présente juste comme un observateur, sans lien avec la détonation, qui a juste vu ce qui s’est passé… Bien sûr, dans l’intérêt de Jean-Paul, j’essaye de mieux comprendre pourquoi nous voyons cette scène, pourquoi c’est important pour lui, et je continue donc de l’accompagner avec mes questions. Il ne vit pas ici, il n’y a pas d’attaches. Il a un corps cependant ; il se sent homme, « plutôt dans la fleur de l’âge ». Je lui demande simplement : « Et comment es-tu habillé ? » Et là, nous commençons à mieux comprendre…

J-P : En treillis.

A : En treillis, hm… comme un militaire ?

J-P : Peut-être…

Il y a un nœud, là, quelque chose de pas clair. Il semble réticent, évasif. J’avance prudemment, pour l’aider à se livrer.

A : Avec des chaussures… de marche, ou… ?

J-P : Des chaussures de marche, oui.

Sur la tête, il porte un casque. Il est seul dans cet endroit, pas comme un éclaireur, plutôt comme un observateur…mais cela, nous le savons déjà. Je lui demande encore s’il y a quelque chose d’autre à dire dans cette scène…qui se passerait, ou qui lui paraît important… L’émotion affleure…

J-P : …Tristesse…

A : Tu sens une tristesse… devant… la vie détruite des gens ?

J-P : Oui. (-Oui ?) Devant le gâchis.

A : Il y a une sensation de gâchis… (- Hm…) Oui. On ne comprend pas bien pourquoi, c’est ça ?

J-P : Hm. (Emotion contenue, tristesse et amertume)

Je réconforte Jean-Paul, qui a été courageux d’exprimer ses émotions inconfortables dans cette expérience…

A : … C’est très très bien d’arriver à savoir (…) comment on se sent dans cette scène. D’accord ? Très très bien. Bravo. C’est excellent. C’est excellent.

Et nous continuons d’explorer… L’heure tourne, et je pense maintenant l’accompagner au dernier jour de cette vie, que nous regardons, mais ce n’est pas ce qu’a choisi le Subconscient, qui est toujours aux commandes, quoique discrètement, et oriente la séance… qui peut nous réserver bien des surprises.

Jean-Paul voit…de la lave. … « C’est rouge, c’est noir. Ça coule, ça roule. » C’est comme une éruption.

Alexandre : Et où es-tu ?

Jean-Paul : Dedans.

A : Dedans ? Qu’est-ce que tu fais, dedans ?

J-P : Je roule, je coule…je roule… un magma…

A : Tu fais partie du magma ou tu y es entré ? Comment dirais-tu ?

J-P : J’en suis.

A : Tu es le magma ?

J-P : J’en fais partie.

A : Tu en fais partie ? Et c’est agréable ? Comment dirais-tu ? C’est comment d’être le magma ? J-P : [sur le ton de l’évidence] C’est naturel.

Ça ne s’invente pas…

A : C’est naturel ? …Hmhm… C’est très très bien. Et… qu’est-ce que tu fais, de manière générale ? Est-ce que tu as un rôle ?

J-P : Je participe… à l’écoulement.

A : Oui, participer à l’écoulement, oui…

J-P : Ça avance…

A : Ça avance ? Est-ce que tu sens que ça avance ?

J-P : Hmhm… Ça glisse… Ça avance… C’est…ni chaud, ni froid…

A : Ni chaud, ni froid ?

J-P : Hum. (-Hmhm ?) C’est là.

A : C’est là, juste là.

J-P : Hm… Y a…du vert…argileux… (- Hmhm ?) le rouge…noir…argileux…

A : Beaucoup de couleurs… Vert argileux, oui… Et du rouge, et du noir… Et est-ce qu’on se sent d’une certaine façon ? Est-ce que c’est joyeux, ou pas joyeux ? Ni l’un, ni l’autre ?

J-P : C’est là.

A : C’est là. C’est très bien. Est-ce que c’est ancien ?

J-P : Hm. Peut-être.

A : Peut-être. Ça n’a pas d’importance ?

J-P : Hum.

A : Bien. Très bien.

Très bien, mais décidément, il y a d’affreux bruits de travaux à l’extérieur, et à ce stade de la séance, je me suis fait à l’idée, mais enfin, c’est à se demander parfois… Heureusement que c’est l’exception…

A ce stade, donc, j’invite Jean-Paul à quitter cette scène et à porter maintenant un regard rétrospectif sur ses expériences, et ce qu’il pense en avoir appris… Car « chaque vie a une leçon, un but » à découvrir. Je résume ici ce premier regard de Jean-Paul sous un autre angle :

– sur la vie de jeune fille qui observait la libellule : de regarder dans les yeux, d’apprendre, d’essayer de déchiffrer le regard dans le regard de l’autre…

Dehors : un scooter au pot trafiqué passe dans la rue, et une ambulance avec sa sirène… Nous ne sommes pas à ça près…

– la séquence où, enfant, il jouait dans la neige à faire des traces : qu’il était capable de laisser une trace…

– la séquence conviviale en famille, avec la pizza : apprendre à savourer

– la vie où il était en apesanteur dans l’espace comme cosmonaute : Il a appris qu’il n’était pas seul, même très loin, même au cœur de la solitude de l’espace. Qu’il pouvait y compter sur la lumière.

Dehors, les travaux du siècle semblent engagés. Il y a un épouvantable bruit de moteur. Mais Jean-Paul semble doué pour demeurer dans l’expérience ; à l’aise, il poursuit. Je me félicite de ce que l’induction l’ait probablement aidé à faire abstraction de toutes ces nuisances…

– la séquence de militaire observateur dans le désert : ne pas gâcher la fragilité de tout ça… De protéger, autant que possible.

– l’expérience de vie comme magma : il est parfois bon de laisser faire.

Et là, nous sommes arrivés au moment de l’exploration où nous invitons plus directement le Subconscient de Jean-Paul à s’exprimer. Nous tâchons de ne pas nous attacher aux bruits risiblement épouvantables de machines type pelleteuse ou camion-benne à l’extérieur, et nous concentrons autant que possible sur l’expérience, sur la détente.

Discussion avec le Subconscient :

Nous nous éloignons donc des séquences de vies précédentes et commençons à discuter avec le Subconscient, pour avoir son regard sur tout ce qui vient d’être exploré, et savoir pourquoi, de tout ce qui pouvait se présenter à Jean-Paul, ce sont ces expériences qu’il a choisi de faire émerger. Ici, je résume la teneur ce qui s’est dit.

Ainsi, cette vie où Jean-Paul était cette jeune fille qui observait la libellule et qui sentait les arbres. Pourquoi avoir choisi cette vie ? C’est « parce que c’est la perception relative ». En quoi cela concerne-t-il sa vie d’aujourd’hui ? « Parce que j’ai l’accès à tout…ce que je suis ». Il semble que Jean-Paul n’en tienne pas suffisamment compte, en tout cas « pas comme il se doit ». Ce à quoi il peut être invité par cette vie, c’est « à prendre dans ses bras, et rassurer ».

Le Subconscient de Jean-Paul s’exprime sur un ton bienveillant et discret, empreint d’amour. C’est pour moi aussi un plaisir de l’entendre ainsi, en confiance, malgré les bruits de travaux à l’extérieur, dont Jean-Paul semble bien pouvoir faire fi.

Qu’en est-il de la vie où Jean-Paul se sentait enfant, jouant dans la neige et faisant des marques, comme ça, laissant sa trace dans la neige ? C’était cotonneux, c’était léger, c’était silencieux… Pourquoi avoir choisi ces moments-là ? « Le calme… » et ce que le silence a de précieux… J’ai trouvé cette remarque pleine d’humour, car c’est précisément ce calme et ce silence qui -à l’extérieur- semblent devoir nous échapper aujourd’hui, pendant cette séance en général et cette question en particulier…

Et en quoi cela concerne-t-il la vie actuelle de Jean-Paul ? « Ne pas oublier… », non pas seulement ce que le calme et le silence peuvent avoir de précieux, mais aussi « le précieux de l’enfance, (…) de ces moments d’enfant (…) de silence, de calme, (…) de simplicité oui… » Mais il n’a pas oublié, tout est là…

Et les moments heureux en famille et amis, mangeant une pizza ? Pourquoi avoir choisi ces moments-là ? «  … Parce qu’ils sont précieux. (…) Ils rendent le cœur joyeux… qu’ils donnent de l’appétit… (…) l’appétit…de tout». Et en quoi cela concerne-t-il plus la vie de Jean-Paul aujourd’hui ? «  … D’entretenir cet appétit. » Pour le faire au mieux, le Subconscient l’invite à se réjouir de son enthousiasme naturel, malgré sa tendance à être triste.

Et la vie où Jean-Paul se trouvait en apesanteur, dans l’espace ? Pourquoi avoir choisi cette expérience ? « … Parce que Jean-Paul est un rêveur, un idéaliste. (…) Et qu’il est bon de flotter dans les airs comme un oiseau. … Il est utile aussi de se raccrocher à sa branche. (…) Se poser, observer, revenir à l’essentiel aussi… ne pas…faire cavalier seul. (…) L’union fait la force. » Plus particulièrement, dans sa vie d’aujourd’hui, Jean-Paul est invité à réaliser « qu’il fait partie d’un clan… (…) d’une famille, d’une grande famille (…) lumineuse, précieuse… ».

Nous revenons maintenant sur la vie où Jean-Paul était ce militaire assistant à la désertion de ce campement de gens au milieu du désert… Il ressentait une grande tristesse face à cette sensation de gâchis. Pourquoi lui avoir montré cette vie-là ? « Que ça existe…aussi… Comme un devoir de mémoire. » Il avait l’air de se sentir comme impuissant face à cette scène, d’être comme démuni, comme distant, de ne pas pouvoir faire grand-chose dans ces événements. Qu’est-ce qui peut lui être dit à ce sujet ? Et en quoi cela concerne-t-il sa vie d’aujourd’hui ? « …Que cette désolation peut surgir… à tout moment, et qu’il est bon d’en avoir conscience… D’être vigilant. D’avancer en vigilance et en prévenance. De ne pas être naïf. » Je demande si ça met en danger d’être naïf. « D’être influençable et naïf (…) Ça peut… créer des embarras. Ça peut mettre en péril…les fondations. … Même si les formations, les racines… sont solides et… ancrées. » S’il faut dire quelque chose d’autre à Jean-Paul sur cette vie-là, quelque chose qui puisse être utile dans sa vie actuelle, c’est « Qu’il est possible d’agir (…) pour le bien commun. »

A : Ça, c’est toujours possible. (- Oui) Même si on ne peut pas changer le cours des événements… ou, parfois on peut faire plus qu’on ne pense ?

J-P : On doit dépasser ses limites, ses résistances, ses appréhensions, ses peurs.

Pourquoi enfin cette expérience où Jean-Paul était magma au cœur d’un volcan, où ça glissait, ça avançait… ? Qu’est-ce qu’il fallait en comprendre ? « Que je suis… … issu… de ce magma-là. » Pour nous rendre ça plus net encore, « Que la vie est un perpétuel bouillonnement. … refroidissement. … En perpétuel mouvement. »

Le Subconscient procède ensuite à un bodyscan sur Jean-Paul, l’occasion pour lui, des pieds à la tête, de voir dans son corps ce qu’il y a à signaler, à expliquer et à rééquilibrer. C’est toujours étonnant d’entendre comment le Subconscient intervient sur les corps de la personne qui explore, d’entendre les conseils qu’il peut donner, son regard sur la question. C’est encore le cas avec Jean-Paul, toutefois cette partie, quoique très intéressante, étant aussi très personnelle et liée à des questionnements par trop intimes, notamment ceux préparés par Jean-Paul dans la liste qu’il a amenée pour la séance, il me semble ici opportun et approprié de n’en faire que mention, sans plus de détails. Jean-Paul peut, quant à lui, en retrouver toute la teneur sur l’enregistrement de sa séance.

Et si votre propre voyage intérieur vous réservait, lui aussi, des découvertes inattendues ?

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