Michel, qui a partagé avec nous sa première séance de QHHT (qui a eu lieu il y a un moment) se pose des questions d’orientation professionnelle (une réflexion de fond, chez lui), sur ses relations avec ses parents, sur des sentiments de culpabilité, d’inadéquation et de ne jamais être assez pour être aimable, sur l’origine d’une colère profondément engrammée derrière une certaine tristesse, ou encore la peur d’une violence intérieure… et enfin, sur une tendance au grignotage. Il lui a paru pertinent de refaire une séance de QHHT, et je l’ai accompagné avec bonheur.
Toujours ouvert à aider le public à mieux comprendre cette modalité d’exploration de la conscience, il partage également cette deuxième séance. Je l’en remercie profondément. Attentif à préserver son confort et son intimité, j’ai toutefois, comme d’habitude, anonymisé la transcription, et en ôterai possiblement certains passages.
Nous entrons, comme la fois précédente, tranquillement dans l’expérience et, à la fin de l’induction :
Alexandre : Que vois-tu autour de toi à la surface ?
Michel se trouve dans un parc, dans certaine ville, avec quelqu’un qu’il connaît et… et -surprise- nous sommes alors interrompus par l’alarme du téléphone portable de Michel, qui à plein niveau sonore nous saisit de toute sa force… Nous sommes installés sur une mezzanine, le téléphone est en bas, bien entendu. J’essaye de préserver ce qui peut l’être du calme de Michel en faisant comme si de rien n’était, et en descendant aussi discrètement et promptement que possible pour arrêter cette sonnerie… puis remonte auprès de Michel que j’avais invité à rester tel quel, allongé, les yeux fermés.
Pendant les séances, il peut se produire ce genre de chose, selon l’endroit – d’où l’idée de prévoir un lieu à peu près calme, pour s’en prémunir autant que possible. J’ai eu comme ça, à l’occasion, au fil des lieux et des expériences, avec des impacts divers sur les séances, le bonheur d’entendre à proximité disqueuse, marteau-piqueur, souffleur de feuilles, échanges de voix, téléphone qui vibre ou qui sonne, machine à café dont l’autonettoyage se déclenche, bruit de moteur, trombes d’eau contre les vitres un jour de pluie, piano (heureusement, niveau expert)… Tout est possible, c’est pour ça que je tâche autant que se peut de proposer les séances dans un espace plutôt calme du 12e, à Paris.
Ce qui est étonnant, c’est que la perception des bruits, dans l’expérience, n’est pas toujours celle que l’on attend… « Avez-vous entendu X, pendant votre séance ? – X ? Euh, non, pas vraiment… Ah, oui, effectivement, à un moment… » L’induction aide, bien entendu. Tant mieux !
A : …Simplement, continue de faire ce que tu faisais en respirant tranquillement…
Et Michel, doué et concentré, reprend de plus belle, immédiatement, après un grand soupir :
Michel : En fait je me sens un peu seul dans ce parc […]. Je sens qu’il y a du monde, il y a des enfants qui jouent et ils sont… je me sens loin d’eux…
A : Hmhm ? …Est-ce que tu es toujours avec quelqu’un ou…est-ce que tu es seul ou… ?
M : Non, je me sens seul, parce que XXX est partie…
A : Elle est partie… Hmhm… Et que se passe-t-il maintenant ? Il y a des enfants qui jouent et… tu te sens seul, hmhm ?
Et là, nous allons voir qu’il n’est plus tout à fait certain que Michel vive la scène depuis un regard adulte…
M : Je… J’ai envie d’aller jouer avec eux, mais je sais pas comment faire…
A : Hmhm. Parce que tu aurais envie de…proximité ? Comment dirais-tu ?
M : ‘fin, j’ai envie d’être en lien, je…J’ai envie de me sentir relié… (-Hmhm)… J’ai pas envie de me sentir seul…
A : Hmhm… Et…est-ce que tu veux te rapprocher de… cette joie des enfants ? … Qu’est-ce qui se passe maintenant dans ce parc ?
M : … …En fait c’est bizarre, parce qu’il y a une part qui a envie d’aller vers les enfants, et une autre qui est figée et qui bouge pas… (- Hmhm ?) …qui a peur…
A : Hmhm ? … … … … Et qu’est-ce que tu choisis de faire ?
M : …Ben, je choisis d’aller vers eux mais j’ai très peur, ‘fin que si tu n’avais pas posé la question j’aurais pas bougé. (- Hmhm ?) Si tu m’avais pas dit que j’avais le choix j’aurais pas bougé…
A : Hmhm ? …Fais simplement ce que tu as envie de faire… dans cette scène… qui t’appartient…
M : … J’avance vers eux, mais j’ai peur qu’ils veulent pas de moi…
A : Hmhm ? … … … Est-ce que tu les as rejoints ?
M : …Là, je suis à quelques mètres d’eux, mais je suis pas encore…
A : Hm ? …C’est très très bien, tu peux continuer de respirer… tranquillement…
Ici, je fais une suggestion à Michel pour lui permettre de moduler son ressenti.
A : …Que se passe-t-il ?
M : …Je sais pas quoi leur dire… (-Hmhm ?) … J’ai envie de m’approcher d’eux, je… Ils jouent au ballon…(-Hmhm ?) J’ai peur de les déranger… (- Hmhm ?) …Ah, je… j’ai le petit garçon, qui vient, et qui me demande si je veux jouer avec eux…
A : Aaahhh. C’est sympa, ça. Et qu’est-ce que tu fais ?
M : Ben, je vais jouer avec eux…
A : Hm ? …Et alors ? Qu’est-ce que ça fait, de jouer avec eux, comme ça ? …Sur l’invitation du petit garçon…
M : Ben, c’est plutôt joyeux, mais en fait, il y a une part de moi qui se demande si c’est pas quelque chose qui appartient à mon père, cette résistance à…( – Hmm ?)…ce besoin d’être invité…
A : Hmm ? Tu pourras te poser toutes les questions que tu veux ensuite, …simplement voir ce qui se produit, ce qui se passe… simplement ressentir ce qui se passe… Est-ce que c’est… agréable de jouer avec ces enfants qui t’ont invité ou… ?
M : Oui, c’est agréable de…de bouger mon corps, d’être en mouvement…
A : Aoh… de bouger ton corps, oui, c’est agréable ?
M : Hmm … De pas me sentir figé (-Hmhm ?), de sentir l’énergie qui circule dans mon corps…
A : Ca circule, hmm ?
M : [Amusé et surpris] J’crois que j’ai marqué un but… [apparemment remonté et enthousiaste, intérieurement]
A : Aaahh, un but… Bravo ! …Alors c’est plutôt agréable de jouer, comme ça ? (- Oui) …Simplement le plaisir de jouer librement… C’est tout simple…(- Oui) Oui ? Et comment ça se passe encore ?
M : …Ben c’est…c’est bien, on est de plus en plus nombreux, à jouer ensemble
A : Ah oui ? Il y a de plus en plus d’enfants ?
M : Oui… (- Hmhm ?) Oui, j’aime bien, on est tous ensemble et on joue ensemble… ( -Hmhm ?) Le ballon, i’ circule de plus en plus vite (-Hmhm ?), i’ fait plein de passes… [Michel respire, à l’aise]… Ah, ils ont marqué un autre but, i’ sont contents [nous nous esclaffons tous deux] C’est pas moi, c’est les autres qui ont marqué…
A : [Amusé] Oui ? Mais c’est agréable quand même, c’est sympa… [Michel est amusé aussi] Ils doivent être heureux aussi… Hm ? [Michel respire amplement] … …C’est très très bien, c’est un moment agréable alors…
M : Oui, c’est agréable de se sentir relié, de se sentir… en mouvement (- Oui), de sentir la… la joie, la vie …
A : Hmhm ? Tout simplement la joie, la vie, la spontanéité… (- Hm) Hmhm ? … … …Tu pourras te souvenir de cette sensation de joie, de liberté, d’ouverture, de simplicité… de ce sentiment d’être relié aux autres… au quotidien, c’est quelque chose que tu connais et que tu pourras retrouver… Qu’est-ce qui se passe encore dans ce moment-ci ? Ou est-ce que tout s’est passé qui devait se passer ?
M : Oui c’est…c’est bien, je… (-Hmhm ?) …J’ai peur de me retrouver seul à nouveau…[sur un ton de nuage gris]
A : Aahh, d’accord… tu as peur de te retrouver seul… Et… comment décrirais-tu cette sensation ? Simplement les sensations, sans te poser de questions.
M : …La sensation de froid…
A : Oui, une sensation de froid… très bien, très bien…Hm…
M : Tiens, [amusé et surpris] je vois un visage d’éléphant.
Mais nous le retrouverons… dans un autre post !
