Dans cette séance, qui a déjà quelques années, nous découvrons Martine (prénom modifié), que je remercie profondément de s’être prêtée à l’exercice et d’avoir rendu ce partage possible. Vous pourrez, ici encore, vous faire une idée de ce qui peut se présenter en séance, comprendre mieux en quoi cela peut être passionnant pour le praticien certes, mais surtout, bénéfique pour l’explorateur (ou bien sûr, l’exploratrice).
Martine est une femme aux alentours de la cinquantaine. Elle profite de la séance pour évoquer certaines douleurs physiques (qu’elle me spécifie et localise). Elle se pose aussi – ce n’est pas rare – des questions quant à ses choix professionnels qui, quoique valorisants, ne semblent pas justes, alignés sur ce qu’elle est profondément. Elle envisage une autre activité, et souhaite savoir si ce serait pertinent pour elle. S’adjoint aussi la dimension sentimentale, qu’elle souhaiterait plus lisible, positive, constructive. Ses relations avec ses parents sont aussi au programme. D’une manière générale, elle a le sentiment de ne pas pouvoir accéder à une créativité pourtant existante ; elle a besoin de joie et de plaisir, qui lui semblent manquer un peu… Elle a l’impression d’être bloquée dans la vie, et se demande pourquoi. Peut-être serait-il bon de s’installer quelque part ailleurs ? Et si oui, où ? Viennent aussi des questions sur des ressentis et capacités inhabituelles et extrasensorielles. Que faire de cette information ? Enfin, Martine s’interroge sur la possibilité de « contacter » certains de ses aïeux.
Bien entendu, son prénom a été modifié, et il n’y a pas lieu de détailler davantage ses motifs pour consulter. Vous pouvez toutefois voir ici combien ses questions sont diverses, tout-à-fait légitimes, et probablement partagées par nombre d’entre nous…
Nous entrons donc dans l’expérience avec Martine… Or, en QHHT, nous ne savons jamais où nous allons atterrir…
Au bout de la phase d’induction, je demande à Martine ce qu’elle voit, ce qui lui vient à la conscience…
Et d’emblée :
Martine : Une église…
Alexandre : …Regarde où tu es, qu’est-ce qu’il y a donc, autour de toi ? Hmhm ?
M : Une rue, un village, (-Hmhm ?) une église.
A : Hmhm ? … Peux-tu décrire cette église ?
M : Elle… C’est une église très… simple, (-Oui ?) avec des toits… très… pointus… (-Hmhm) Non, pas pointus… pentus. (-Hmhm ?) Un clocher, euh… assez disproportionné, assez haut.
A : Hmhm ? Est-ce qu’elle est claire ? Est-ce qu’elle est… plutôt foncée, plutôt sombre ? Que pourrait-elle… que peux-tu me dire ?
M : Les pierres sont claires… (-Hunhun ?) Les toits sont gris…foncé. (-Hmhm ?) Et je vois un vitrail…très coloré.
A : Hmhm ? Que vois-tu d’autre ?
M : [Sans grand enthousiasme] Une femme… (- Ahhah ?) avec un chapeau…cloche (-Oui ?) violet.
A : Hmhm ? Est-ce que cette femme… est seule ?
M : Oui, (- Hmhm ?) elle a un manteau sombre…(-Hmhm ?) …un parapluie…
A : Oui ? Que peux-tu me dire encore… de cette femme ?
M : Elle est jeune, elle a 25 ans, 30 ans. Simple.
A : Oui ? Es-tu dans l’église avec elle ?
M : Je…j’ai l’impression de (-Hmhm ?) de la suivre…
A : D’accord… Eh bien… Regarde vers tes pieds. Peux-tu voir tes pieds ?
M : …Oui.
A : Hmhm ? Peux-tu me les décrire ?
M : Hm… J’ai des chaussures de cuir…(- Il y a des chaussures ? de cuir ? Hmhm ?) …Comme des… galoches.
A : Hmhm ? Ce sont de grandes chaussures ? De petites chaussures ?
M : Des chaussures euh… assez… larges…(-Oui ?) mais à ma taille…
A : Oui ? Des chaussures d’homme ou des chaussures de femme ?
M : C’est assez… indéfini. (-Hmhm ?) … Je dirais que ça pourrait être des chaussures de jeune garçon.
Martine a l’impression que les chaussures qu’elle porte, donc, dans cette expérience qui se déploie progressivement, pourraient bien être des chaussures de jeune garçon… Intéressant, non ?
A : Est-ce que tu te sens dans un corps ? Est-ce que tu te sens plutôt masculin, plutôt féminin ?
M : Plutôt masculin.
A : Hmhm ? Plutôt jeune (-Hm), plutôt vieux ?
M : Non, plutôt jeune.
A : Plutôt jeune. Plutôt un enfant, plutôt… (-Un adolescent) plutôt adolescent (-Hm) Hmhm ? Et te sens-tu… en bonne santé ? (- … Oui.) En bonne santé, un adolescent, plutôt un adolescent, un garçon, un jeune homme, hmhm… Est-ce que tu portes des vêtements ?
M : Oui, j’ai un short.
A : Un short, hmhm…et autre chose ?
M : Un pull. (-Un pull ?…Oui ?) … Un pull… simple, (-Hm ?) pas très chaud, pas très… (-Hmhm ?)… J’ai un foulard.
A : …et un foulard, hmhm ? Autour du cou ? (-Oui) ) Oui ? …Peux-tu voir… tes cheveux ? Quelle couleur ont tes cheveux ?
M : Ils sont… blonds.
A : Blonds, hmhm… Plutôt raides, ou plutôt… ? ([nette]-Oui, très raides.) Très raides, très blonds. Hunhun, d’accord, et… est-ce que tu portes quelque chose sur la tê… Est-ce qu’ils sont courts ? Est-ce qu’ils sont longs ?
M : Ils sont courts et… pas très courts, mais euh…ils sont pas… pas très coiffés. Ils sont un peu… (-Tels quels ?) Oui.
A : Hm…naturels… Hm, et est-ce que tu portes quelque chose sur la tête ? (-Non.) Non, hmhm ? Et est-ce que tu portes des objets quelque part ? Est-ce que tu portes… (-Rien) Rien. Hmhm, d’accord. Et… que fais-tu… dans cette église ?
M : … Je…(-Hmhm ?) … J’ai l’impression d’attendre quelque chose.
A : Oui ? Est-ce qu’il se passe quelque chose ?
M : … En tout cas… il y a des gens (-Oui ?) qui sont…(- Il y a des gens, hmhm ?) … Il y a des…
A : Quel genre de gens ?
M: Ce sont des… surtout des femmes…
A : Plutôt des femmes. Comment sont-elles habillées ?
M : … Comme la première femme, avec des chapeaux…(-Hmhm ?) Ronds, un peu. (-Oui ?) Et des manteaux longs.
A : Des manteaux longs ? …Et des matières plutôt mates, plutôt brillantes ?
M : Mates. (-Mates…) Oui, des manteaux de laine, feutrés…
A : … Est-ce que ce sont des tenues habituelles ?
M : Ce sont des tenues de… Je…j’arrive pas à dire, mais des années (-Hmhm ?) 30, 40.
A : Oui, et est-ce que ce sont des tenues de tous les jours ? (- Oui.) Des tenues plutôt de tous les jours, hmhm. Et… que font toutes ces femmes…qui sont là…dans cet environnement ?
M : … Certaines prient…
A : Hmhm ? Est-ce que c’est la messe… (- Non, pas vraiment.) est-ce que c’est autre chose ? Hmhm…
M : On a l’impression qu’il ne se passe rien de spécial, mais juste les gens sont là.
A : D’accord. Et est-ce qu’on entend quelque chose ? Est-ce qu’il y a des sons quelque part ?
M : Y a un chant.
A : Un chant ? Oui ? Est-ce que l’on sent quelque chose ?
M : … Rien d’autre que… …l’odeur habituelle de… …de l’église un peu… humide, (-Hmhm ?) et…comme une odeur de buis, un peu…
A : Ah oui…Hmhm, et… tout à l’heure, tu me disais que tu avais l’impression de suivre…la dame (- Oui) qu’on a vue. Est-ce que tu connais cette dame ?
M : Non.
A : Non…
M : Pas vraiment.
A : Non… C’est… une dame ?
M : Je…je…Peut-être que… Peut-être que je l’attends.
A : Peut-être, hmhm… À l’intérieur de l’église ? (-Hm.) Hmhm. D’accord. Et que se passe-t-il ? ([grand soupir de Martine, comme emprunt d’une forme d’intranquillité])…Que se passe-t-il dans cette scène ?
M : … La femme marche. (-Oui ?) Elle s’avance vers le… …vers les… autres femmes. Vers… l’autel ? [Comme demandant ou se demandant]
A : Oui ?…Hmhm ? … Et que va-t-elle faire, près de l’autel, comme cela ?
M : … J’arrive pas à savoir…
A : Hmhm ? … Est-ce que tu es… au fond de l’église ? ([nette] -Oui.) Plutôt au fond ?
M : Oui… Je…je bouge pas en fait. Je… J’ai l’impression d’être sur…sur le qui-vive ? (- Oui ?) De… …savoir qu’il va falloir que j’intervienne, mais je sais pas…(-Hmhm…) Je sais pas pourquoi, je sais pas… quand…
A : Hmhm ?… Est-ce que tu as l’impression de connaître quelqu’un dans cet endroit ?
M : Non, pas du tout. (-Pas du tout…) J’connais personne.
A : Et est-ce que tu connais cet endroit ? ([nette] -Oui.) Oui…Tu viens souvent ?
M : …C’est mon village.
A : C’est ton village ? (-Hm.) C’est plutôt un environnement de campagne, non ? (- Oui.) D’accord. Est-ce que c’est un grand village ? (- … Oui.) Oui, plutôt un grand village. D’accord. Et… Et est-ce que les gens se rassemblent souvent comme ça à l’église ? Est-ce que les femmes se rassemblent souvent comme ça, à l’église ? Que se passe-t-il, aujourd’hui, de si particulier ?
M : En fait, c’est la femme qui arrive qui est pas… (-Hmhm ?) …de… d’ ici.
A : Aaah. C’est une personne…
M : …qui vient de l’extérieur. Et qui… cherche quelque chose ou quelqu’un.
A : Elle cherche quelque chose ou quelqu’un. Parce que… …elle demande (-Elle va…) des informations…
M : Oui, elle se dirige vers… (-Hmhm ?) …les femmes pour demander quelque chose.
A : Oui. … Et… …est-ce que les femmes ont l’air de pouvoir lui donner ces informations ?
M : Pour l’instant, personne ne la remarque.
A : Humhum. Elle circule discrètement ?
M : Ca me fait mal aux dents.
A : Oui ? …Est-ce que tu tiens quelque chose entre…les dents ?
M : Non, mais peut-être que c’est… …d’inquiétude ou… …la tension…
A : Un sentiment d’inquiétude… Comment te sens-tu dans cette…dans ces circonstances, dans cette scène ?
M : …Inquiet [sic].
Notez l’accord… Martine vit la scène en jeune garçon…
A : Inquiet…Un sentiment diffus…d’inquiétude ?
M : [précipitée, comme une intuition soudaine] De…de…j’me demande en fait si… …la femme vient pas me chercher…
A : Elle viendrait peut-être te chercher ? Hmhm. Elle a l’air de chercher quelqu’un ? (- Oui.) Mais tu ne la connais pas… (- Non.) Est-ce que c’est une femme… comme les autres ? On sait qu’elle est nouvelle dans l’endroit. Est-ce que c’est une femme qui se distingue des autres ?
M : … C’est la… (- Hmhm ?) la plus jeune et… les autres sont…(- La plus jeune…) …penchées vers l’avant. (-Hmhm ?) Elle, elle euh… …elle a une démarche très droite.
A : Oui ? Une démarche très droite ? … Une démarche très droite parce que… …elle ne dévie pas ? Elle est déterminée, ou… ? (- Elle est déterminée.) Et donc elle est à la recherche…de quelque chose, ou de quelqu’un. Et tu as le sentiment, l’impression…que tu as quelque chose à faire avec ça ?
M : Oui, qu’elle veut… (- Hmhm ?) …qu’elle vient m’chercher et que… (- Hmhm ?) Moi je sais pas si je dois… (- Y aller ?) …y aller ou pas. (- Humhum) Et je reste en… en retrait pour observer.
A : D’accord. Peux-tu décrire cette femme physiquement ? … À quoi ressemble-t-elle ?
M : … Elle est brune… (-Hmhm ?) mais j’vois pas ses cheveux. Elle a les cheveux…(-Hmhm ?) …cachés par le chapeau.
A : D’accord. Peux-tu décrire ce chapeau ?
M : Il est… …il est rond avec un… …un tout p’tit bord relevé sur le devant. (-Oui ?) Un ruban, autour.
A : Un ruban ? Hmhm ? Et… est-ce qu’elle est plutôt allumé clairement ou… ?
M : Oui, elle a …un manteau euh… (-Hmhm ?) …un manteau gris… foncé… (-Humhum. D’accord.) Assez ample… (- Hmhm ?) Et… …les chaussures avec un p’tit talon. (- Oui ?) Propres. (Hmhm ?) En fait, j’ai l’impression qu’elle…qu’elle vient d’une ville…
A : Hmhm ? Parce qu’elle a… une allure citadine ?
M : Oui, plus citadine (- Oui ?) que les autres.
A : Hmhm. Alors c’est peut-être surprenant de la voir un peu dans cet environnement…où personne ne la connaît… Quelque part, donc, dans ce grand village… à la campagne. Hmhm…
M : [avec élan] Oui, mais moi je sais… je savais qu’elle devait venir.
A : Aaah. Tu t’attendais à sa venue. (- Hm.) Oui. Et cette venue t’inquiétait… (-Hm.) Hmhm. Est-ce que… …est-ce que tu as entendu ce qu’elle voulait…venir chercher ici…et peut-être pourquoi elle venait te chercher ?
M : … Je… (Hmhm ?) Je ne sais pas… (-Hmhm.) En fait, je me demande si c’est pas ma mère, mais je le sais pas. (- Oui…) Je…
A : Oui. C’est difficile de connaître le lien.
M : En fait, je je…je pense… que c’est peut-être… …que ça pourrait être ma mère, (-Hmhm) mais…j’ l’ai jamais vue avant…
A : Oui. Et dans cette… …ce moment-là, est-ce qu’elle te voit ? Est-ce qu’elle t’a vu ?
M : Non, pas du tout.
A : Non. Est-ce qu’elle pourrait te voir ?
M : Si elle s’retournait, oui. (- Oui, hmhm…) J’suis pas vraiment cachée, chuis juste…en retrait.
A : Oui ? …D’accord…
Ici, je suggère à Martine d’avancer un peu dans le temps pour gagner un moment où il se passe quelque chose…
M : [grande respiration de Martine] Je…j’arrive pas à…à voir, j’vois une voiture, je crois…
A : Une voiture ? Une voiture… de quelle couleur ? (- Noire.) Noire, hmhm ? Une grande voiture ?
M : Oui, une grande voiture.
A: C’est une grande voiture…plutôt… simple ? plutôt luxueuse ? …plutôt citadine ? plutôt…
M:…plutôt… …oui, citadine, mais pas non plus…(-Hmhm ?) … …pas… luxueuse, juste…
A : Hmhm ? …Comment peux-tu la décrire ?
M : J’s’…Elle a des grands… des grands pare-chocs, ronds. (-Oui…) Pas pare-chocs. C’est pas ça qu’j’ veux dire. Les …les ailes. (-Oui…) Et…avant, ‘fin sur les roues, là (- Oui…) très… …volumineux. (-Hmhm ?) …Des p’tites fenêtres.
A : Des petites fenêtres, hmhm ? Est-ce qu’il y a un éclairage ? (-…Non) Non… D’accord. Et où se trouve cette voiture ?
M : Elle est euh… …elle avance au pas… (-Humhum…) …à l’extérieur (-Oui ?) de…de l’église, dans le… …dans la rue à côté….
A : D’accord. Il y a une rue, à côté. Hmhm. Et… …est-ce que quelqu’un conduit cette voiture ?
M : J’vois pas le conducteur, en fait… ( -Hmhm ?) …mais, y a… une petite fille, à l’arrière.
A : Oui ? A quoi ressemble-t-elle, cette petite fille, à l’arrière ?
M : … Elle a… … …entre 6 et 8 ans… (-Hmhm ?) …Oui, elle a aussi un petit chapeau. (- Oui ? Un petit chapeau…de tissu ?) Moo, oui ? (Moui…) ‘Chais pas très bien…
A : Comment sont ses cheveux ? Comment est-elle, physiquement, cette… petite fille ?
M : Ils sont clairs. (- Oui, clairs ?) Les cheveux… …courts…(- Oui ?) Enfin… (- Pas longs, quoi.) Pas longs…
A : Hmhm. Est-ce qu’elle est seule dans cette voiture ?
M : Oui, elle a l’air seule, et elle regarde par la fenêtre. (- Hmhm ?) Elle essaie de… (-Oui ?) …de distinguer quelque chose. (-Hmhm..) Elle cherche les yeux euh…
A : Et où es-tu, toi, à ce moment-là ?
M : … J’suis sortie de l’église et je…(-Hm ?) …J’suis cachée derrière un …derrière un mur…
A : Cachée derrière un mur, et tu vois la voiture avec la petite fille… (- Oui.) Hmhm. Et la dame qui était dans l’église tout à l’heure. (- J’la vois pas… [là, grand soupir de Martine, comme tendue]) Comment te sens-tu…à ce moment-là ? Tu étais inquiet tout à l’heure, comment te sens-tu ?
M : Oui, je suis toujours…(- Toujours… ?) En fait, j’ai… (-Hmhm ?) J’ai l’impression d’être… très oppressé.
Ici, je suis particulièrement attentif ; il faut pouvoir limiter l’inconfort s’il s’intensifie trop…
A : Hmhm ? Oppressé comment ? Par l’angoisse ? Ou oppressée physiquement ?
M : Non. J’ai euh… (-Hmhm ?) la tête qui s’serre.
A : Hmhm ? …Est-ce que ça a à voir avec cette scène ? (- Oui.) Qu’est-ce qui se passe dans cette scène, pour que ta tête se serre ?
M : … Je sais pas, j’ai l’impression que… je vais tomber dans les pommes, mais je comprends pas pourquoi. (-D’accord.)
Là, nous avons pu voir qu’il y a plus qu’un vague malaise… Quelque chose semble bien se jouer ou s’exprimer à travers d’une douleur, et il n’y a pas lieu d’attendre davantage, je soumets à Martine des suggestions pour calmer immédiatement la douleur qui s’avive, et supprimer toute sensation d’inconfort, afin de pouvoir juste savoir ce qu’il se passe, dans cette scène de toute évidence chargée en émotions…
A : Que se passe-t-il ?
M : … En fait, je… … La dame qui venait… doit m’emmener…(-Hmhm.) … Et…je… j’ai pas envie…d’y aller. (-Non.) … Et en même temps je sais que je peux pas lutter.
A : Parce que… c’est obligatoire ? (- Oui.) Hmhm. Est-ce que tu sais pourquoi c’est obligatoire ?
M : En fait, je crois que c’est… (-Hmhm ?) C’est ma mère qui m’avait laissée là et… dans ce village et euh… elle était jamais venue… me voir ? (- Hm… D’accord…) Et là maintenant, (-Elle veut…) elle veut m’ récupérer.
A : Aahh…Parce que, tu vis dans ce village ? (-Oui.) Est-ce que tu vis loin d’ici ? (- Je vis dans une ferme.) Hmhm ? … Est-ce que c’est loin d’ici ?
M : Oui, c’est à l’ex…enfin c’est un peu à l’extérieur du village.
A : Oui ? Un peu en retrait ? (-Hm.) D’accord. A quoi ressemble cette ferme ? Peux-tu me la décrire ?
Ici, Martine a de nouveau mal à la tête, et j’utilise des suggestions pour supprimer toute gêne. L’esprit conscient de Martine laisse entendre qu’elle « essaye », de montrer qu’il garde le contrôle, mais nous savons que Martine se débrouille très bien dans cette expérience, et nous continuons d’explorer…
A : … Si tu dois décrire cette ferme…
M : … Il y a une petite cour. Enfin, non, une grande cour devant. (-Oui ?) [tousse] De la poussière.
A : Beaucoup de poussière, humhum. D’accord. Parce qu’il y a des céréales ? Parce que c’est le sol ?
M : Oui, c’est le sol.
A : Parce qu’il fait sec ?
M : Hum.
A : Parce que…(- Il fait sec ) Est-ce qu’il fait chaud ?
M : Oui, assez.
A : Assez. Parce que c’est la saison ? (-Hm) Ou parce qu’il fait toujours chaud dans ce temps ?
M : Non, c’est la saison. (Non, c’est la saison…Humhum, d’accord.) C’est la saison, il fait chaud et… (-Hmhm ?) … Il n’y a personne dans la ferme, mais… Tout le monde est parti travailler. (-Hmhm) … Et il y a un tracteur qui tourne… tout seul dans le… la cour.
A : D’accord. Est-ce que tu peux faire décrire ce tracteur ?
M : C’est un vieux tracteur… (-Hmhm) … Assez p’tit avec… (- Humhum. Plutôt petit.) Oui. (-D’accord) Bleu.
A : Et bleu. Et…il tourne tout seul….
M : Enfin il tourne…le moteur tourne.
A : Le moteur. Oui. Le moteur tourne. Donc, quelqu’un l’a allumé ?
M : Y a personne, il a laissé… Oui.
A : Ahhah ? As-tu l’impression que… quelqu’un devrait être là ?
M : Je crois que c’est moi en fait.
A : Ah, c’est peut-être toi…(-Hm) qui utilisais le tracteur… Est-ce que tu utilises ce tracteur de temps en temps ?
M : Tous les jours.
A : Tous les jours. Parce que tu…tu travailles… à la campagne ?
M : Je travaille dans cette ferme. (-Humhum, d’accord ?) En fait c’est… c’est là que ma mère m’avait laissé.
A : D’accord. … Quand tu manges, quand c’est le moment des repas, tiens on peut imaginer un repas comme ça. Qui y a-t-il ? Qui y a-t-il dans cette ferme ? Est-ce qu’on peut rentrer dans la ferme ?
M : Oui. Y a une… une grande pièce.
A : Y a une grande pièce, hmhm ? … Est-ce qu’il y a du mobilier ? A quoi ça ressemble ?
M : On voit du… Y a une table, une grande table de bois. (-Une grande table de bois.) Avec des bancs. (-Oui, hm ?) Et au bout deux chaises. (-D’accord…) …Un fourneau euh…
A : Hmhm… …Et pour un repas typique, par exemple, est-ce qu’il y a du monde ? (- Oui.) Oui ? Il y a qui, par exemple ?
M : …[soupir] Y a une…
A : Hmhm ? … Qui est-ce qui déjeune là ?
M : Il y a une femme, un homme. (-Hmhm ?) … Plusieurs hommes.
A : Plusieurs hommes ? (-Hm) Oui ? Est-ce qu’il y en a… que tu connais mieux ?
M : Je les connais tous en fait.
A : Ah oui ? Tu vis avec ? (- Oui.) Et ils vivent tous là ? (- Oui.) Hmhm… Est-ce qu’il y a peut-être des parents, ou… ?
M : Il y a des parents, et il y a des enfants. Et des…des grands-enfants. (-Hmhm ?) Adultes.
A : Oui ? Est-ce qu’il y a…tes parents ?
M : Il y a… une mère et un père.
A : Hmhm… Une mère, et un père… Est-ce que ce sont ton père et ta mère ? ([net] – Non.) Non.
M : Non, ils m’ont accueilli…
A : Aaaah d’accord. Très bien, très bien. Et quel genre de choses manges-tu par exemple lorsque c’est le…
M : De la soupe.
A : De la soupe ? Beaucoup ?
M : Euh…de la soupe, des bouillons. (-Hmhm ?) Du pain dedans.
A : Hmhm… D’accord. … Et est-ce que tu te sens bien dans ce…dans cet environnement, parmi ces gens ? … Comment te sens-tu ? Est-ce que tu es heureux dans cet environnement ? (-Hm…) Ou est-ce que tu ne te poses pas la question ?
M : Je… … C’est chez moi.
A : C’est chez toi, tu as (-Hm) le sentiment d’être chez toi. Oui…oui…
M : …C’est pas… forcément…que j’y suis heureux mais… (-Oui ?) … Mais c’est là qu’j’ai toujours vécu.
A : Oui, hmhm ? … Et… Tu t’occupes aux travaux, donc de la ferme ? (-Hm) Et qu’est-ce que… Tu cultives euh…tu cultives…des céréales ?
M : J’aide. (Tu aides ? Oui ?) J’aide avec… Oui, je j’fais…le labour…(- Le labour, hmhm ?) … Je…j’m’occupe des poules…
A : Hmhm ? …Très bien. Eh bien…nous avons bien visité… ce chez-toi. Et maintenant…
Et maintenant, je suggère à Martine de se déplacer dans le temps, pour arriver à un moment où il se passe quelque chose…
A : Qu’est-ce qui se passe ? Que vois-tu ?
M : … C’est pas très clair…
A : Hmhm ? Ca va s’éclaircir au fur et à mesure…
M : Hm. … … En fait, j’ai l’impression que… (-Hmhm ?) c’est un jour de… … de communion. (-Hmhm ?) Enfin… J’dois faire ma communion.
A : Oui… Tu es jeune ?
M : Oui, j’ai…j’ai un onze ans… (- Oui ?) … Et j’ai un brassard…
A : Hmhm… Est-ce qu’il y a du monde ?
M : … Oui, là, il y a une fête… (-Il y a une fête…) …dans la ferme. (- Oui, dans la ferme.) …Et on est…on est habillés…comme un dimanche…
A : Hmhm ? …Et comment te sens-tu… avec ce brassard ? Ce jour… probablement de communion ?
M : Je me sens fier ? (- Fier, hmhm) … Mais euh… mais en fait, il y a un accident qui va arriver.
A : Ah ? Un accident ? Quel genre d’accident ?
M : Mais je sais pas, je sais pas…
A : Hmhm ? … Parce que tu sens que quelque chose (-Hm) va arriver ? … Qu’est-ce que ça peut être ? … Qu’est-ce qui te laisse entendre qu’un accident va arriver ?
M : Parce qu’en fait, je vois après un…(-Hmhm) …un… (- Oui ?) …que la scène… qui était la scène de fête… (-Oui ?) devient une scène de… drame [sérieux, avec émotion].
A : Une scène de drame. Que se passe-t-il dans cette scène ? Pourquoi est-ce que… cette scène de liesse, cette scène de fête… tourne au drame ? Que se passe-t-il ?
M : … C’est ça que je n’arrive pas à savoir. (-Hmhm ?… Est-ce que…) En fait, je crois qu’il y a… (- Oui ?) Il y a quelqu’un qui a… … qui a poignardé… (- Oui ?) …une p’tite fille.
A : Quelqu’un a poignardé une petite fille ? Oui ? Est-ce que c’est quelqu’un… de la ferme ?
M : On sait pas, en fait… (- Aaoh…) On vient de découvrir la petite fille. (- La petite fille, est-ce…) Et tout le monde crie.
A : Et est-ce que tu connais cette petite fille ?
M : C’est la p’tite fille qui…c’est une des petites filles de la famille.
A : Aah…hunn… Et personne ne sait ce qui s’est passé ? (- Non.) Que se passe-t-il ensuite ? …Est-ce que tu es toujours habillé en communiant ? (- Oui.) Oui ? Comment te sens-tu, toi ? À ce moment-là, dans cette scène ?
M : Euh… Extérieur. (- Oui ?) … Oublié. (- Oui…) … Impuissant…
A : Impuissant…hmhm… Est-ce qu’il y avait d’autres communiants, ce jour-là ?
M : [ému et dépité ]… Oui, j’ai l’impression qu’il y avait un autre enfant de la famille.
A : Oui, peut-être un autre enfant de la famille ? Hmhm ? Et… [grande respiration émotive de Martine] la petite fille, où a-t-elle été retrouvée ?
M : Dans la paille.
A : Dans la paille…
M : Dans la…dans une grange.
A : Dans une grange ? Oui… Et est-ce que… il était trop tard ? (- Oui.) Aahh… Il était trop tard. Et donc ce jour-là, la fête a basculé… dans le drame. (-Hm) …D’accord. Et… est-ce que vous découvrez ce qui se passe ? Est-ce que… quelqu’un… sait… ce qui s’est passé ? … Non.
M : Non mais… (-Hmhm ?) … Il y a des… La mère… (- Oui ?) accuse quelqu’un, j’arrive pas à savoir qui.
A : Ah, elle accuse quelqu’un, elle cherche… bien sûr… qui a pu faire ça ? (-Hm) Humhum… Et le père, lui, où est-il à ce moment-là ? (- Je vois pas) Hm… Et les gens, que font-ils à ce moment-là ?
M : Y a des cris, partout, les gens crient, les gens se disputent…
A : Oui ? …C’est inhabituel, dans cet endroit ? (-… Oui.) Oui… Là, il se passe quelque chose de…
M : En fait, j’ai l’impression que ça… ça révèle des choses que j’voyais pas avant…
A : Hmhm… Oui ? … Quelque chose… avait échappé ?
Là, Martine me dit qu’elle remarque de nouveau un mal de tête. Je lui donne des suggestions pour le maîtriser, et se déplacer en outre dans le temps à un autre jour où il se passe quelque chose de notable…
A : Qu’est-ce qui se passe ? Que vois-tu ?
M : … … Je vois un lac. (Hmhm ?) … Et… Je suis seul au bord du lac.
A : Oui ? Est-ce que tu es jeune ?
M : Je suis plus… âgé.
A : Un peu plus âgé, hmhm. Et tu es seul au bord de ce lac. Peux-tu me décrire l’environnement ? (- …) … Est-ce que tu connais ce lac ? (-… Oui…) Hmhm… Est-ce qu’il y a des arbres ? Est-ce que…
M : Oui. C’est… (-Oui ?) entouré d’arbres.
A : Hmhm… Qui vois-tu encore, comment pourrais-tu me décrire cet endroit ?
M : Euh… C’est une fin de journée… (-Oui ?) Et euh… Je suis assis…sur un petit tabouret auprès du lac, (-Hmhm ?) au bord du lac.
A : Oui ? … Comment tu sens-tu, dans cette scène au bord du lac ?
M : … Détendu… (- Oui ?) Je suis là parce que j’aime… venir là… (-Hmhm ?) Je viens souvent.
A : Qu’est-ce que tu viens chercher au bord de ce lac ?
M : … La… la quiétude ? (-Hmmm… Oui ?) …Je viens…me ressourcer, être euh…
A : Hmhm ? Est-ce que tu te sens…en bonne santé ? (- Oui.) Oui ? Et…aujourd’hui, pourquoi… est-ce un jour important ? Est-ce que… qu’est-ce que tu es venu faire ? Pourquoi est-ce que tu es venu chercher la quiétude auprès de ce lac ?
M : … Parce que je vais partir.
A : Aah… Partir ? Partir du village ?
M : Partir de… (- De là où tu habites ?) de là où j’habite, et…
A : Et où est-ce que tu habites maintenant ? … Hmhm ?
M : Dans une… une maison… … une maison beaucoup plus… cossue ? (- Hmhm ?) Une maison bourgeoise…
A : Oui ? … Une maison… en ville ? Une maison citadine ?
M : Non, une maison à la campagne. (- À la campagne. Hmhm.) Mais…
A : … Est-ce que tu as passé ta vie dans cette maison ? Tu n’es plus à la ferme ?
M : Non, je suis partie…(-Hmhm ?) … En fait, je crois que c’est ma mère qui est venue me chercher (- Oui) et que… je suis partie avec elle dans cette maison.
A : Et ta vie a changé ? (- Oui.) Hmhm ? … Et… qu’est-ce qui a changé dans tes occupations, par exemple ? Dans ta vie ?
M : Je travaille plus…
A : Parce que tu n’as pas besoin de… travailler ?
M : Non. (- Non ?) J’ai pas besoin de travailler et puis… (-Oui ?) … Je fais du piano [comme un peu étonnée de le constater].
A : Du piano, hm ? … Est-ce que tu en fais un peu ? Beaucoup ?
M : J’en fais beaucoup et je… (-Hm) … Je… j’étudie… les insectes…
Ce n’est pas à ma connaissance l’une des passions de Martine…
A : Hmmm … Entomologiste, tu aimes ça ? (Oui.) Oui ? … Et encore… Comment t’occupes-tu encore ? … … C’est déjà très bien… C’est déjà très bien. Est-ce que… est-ce que tu es marié ?
M : Non, je… … je pars justement pour… (-Humm…) … me marier ou… (- Quelque chose comme ça ?) Oui.
A : Oui ? Et donc… tu connais bien cet endroit, mais tu vas bientôt partir ? (-Hm) Hunhun… Est-ce que tu as entendu dire où tu allais partir ? Est-ce que tu as envie de partir quelque part ?
M : … Je sais juste qu’il faut que je parte, que… (-Hmhm) … que je dois… vivre ma vie d’adulte. (-Hmhm ?) Et que…
A : …Là, est-ce que tu vis avec tes parents ?
M : … Avec ma mère, mais… je vois pas mon père, mais… je pense que c’est pas mon père, en fait. C’est euh… (-Hmhm ?) le mari de ma mère.
A : Oui. Est-ce que vous vous entendez bien ?
M : … J’ai l’impression de…pas avoir de lien, vraiment…
A : Hmhm… Avec… ta mère ? Avec le compagnon de ta mère ? (- Les deux.) Les deux…. C’est…un peu froid ? Comment… pourrais-tu décrire ça ?
M : C’est… comme si euh… (-Hmhm ?) … on n’avait pas réussi à se connaître. (-Hmm…) Avec ma mère et… avec son mari euh…. …de…(- Oui ?) de l’ignorance, de…
A : Oui… Et pourtant, elle était venue te…te récupérer… (- Oui.) Est-ce que tu es retourné à la ferme ? … Est-ce que tu es passé à autre chose ?
M : Je suis retourné, de temps en temps, les voir… (- Oui ?) Mais euh… je ne m’y sentais plus à ma place… (-Hmmm) …Et puis tout le monde était triste.
A : Oui. C’était plus difficile que… qu’autre chose… Est-ce qu’on a su ce qui était arrivé à la petite ?
M : … Non, pas vraiment. (-Pas vraiment…) Mais… ça a laissé, euh… ça a changé… tout le monde. (-Oui ?) Toutes les relations entre les uns et les autres et…
A : Ca n’a plus été comme avant.
M : Oui. C’est pour ça que je suis parti, je crois (-Ah oui ?), et que ma mère est venue me chercher.
A : Aaah, d’accord. … Et ta vie a changé aussi, à ce moment-là, hmhm (-Hm). D’accord, hmhm. Et là, maintenant, donc, tu es plus âgé, tu es musicien -en tout cas, tu pratiques le piano- tu aimes les insectes, et… et… tu vas bientôt voler de tes propres ailes. Est-ce que tu as envie de construire une famille ? Ou est-ce qu’il… c’est le devoir ?
M : … J’ai l’impression que c’est le devoir. (- Oui ?) Et que…
A : C’est juste comme ça ? Il faut… Il faut ?
M : Oui. (-Hmhm) Et…euh… Il va falloir que je… j’arrête… (-Hmhm ?) … de faire ce que… j’aime ?
A : Aaahh… Pour quoi faire à la place ?
M : Pour travailler… (- Pour travailler maintenant…) dans une… dans l’usine… de mon beau-père.
A : D’accord… Et tu as une place dans l’usine de ton beau-père ? Mais on ne te demande pas… de faire autre chose. Il va falloir prendre la suite, peut-être ? (-Hm) Aahh. D’accord. Et comment te sens-tu, vis-à-vis de ces obligations ?
M : … Fataliste. (- Fataliste ?) J’ai l’impression de… de pas avoir le choix ? (-Hmhm) …Qu’en fait… Je leur dois… …je leur dois.
A : Hmhm, et donc maintenant, eh bien…il faut faire ce qu’il faut… … Il faut suivre… les instructions ? (-Hm) Hm ? …D’accord…et… et ça ne te plaît pas trop, la perspective de… travailler à l’usine… de ton beau-père ? (-Non.) Non ? Tu préfères… Tu préférerais… la musique, ou… ? (-Hm) Oui…D’accord. … Maintenant…
Maintenant, eh bien, il est temps de passer à une autre scène où l’on puisse trouver des informations utiles… et je suggère donc à Martine de se déplacer dans le temps vers une telle scène.
A : Qu’est-ce qui se passe ? Que vois-tu ?
M : … Je vois un feu de cheminée… (-Hmhm ?) … … Et euh… Je suis assis dans un…fauteuil… (- Oui ?) Et je ne sais pas pourquoi c’est important, parce que je ne vois rien d’exceptionnel.
A : Hmhm ? Comment te sens-tu…physiquement ?
M : Fatigué.
A : Oui ? Est-ce que tu es âgé ? Est-ce que tu es jeune ? Comment dirais-tu ?
M : … J’ai… une quarantaine d’années.
A : Oui, donc tu es…tu es mûr… d’accord. Et tu es fatigué ce jour-là ?
M : Je suis très fatigué.
A : Oui ? Tu es à l’intérieur ? À côté d’un feu de cheminée…
M : Oui, je suis chez moi.
A : D’accord ? Comment c’est chez toi ?
M : C’est… un intérieur euh (-Hmhm ?) …cossu, bourgeois…
A : Une maison ?
M : Oui, d’une maison.
A : Oui, en ville ou…toujours, plutôt à la campagne ? Comment dirais-tu ?
M : … En périphérie d’une petite ville ?
A : Hmhm ? D’accord… Et… c’est quel moment du jour, ou de la nuit ? Est-ce que tu sais ?
M : C’est le soir. (-Plutôt le soir) Oui.
A : D’accord. Et tu te sens très fatigué ? Pourquoi ? Parce que tu as beaucoup travaillé ?
M : … Parce que euh… J’ai pas de… … Je ne sais pas… Parce que je n’ai pas… (-Hmhm ?) … Je fais que des choses euh… Oui, je travaille, beaucoup, je… (- Oui…) … Je m’occupe… de ma famille. [Dans cette scène, « Martine » n’est guère enthousiaste, c’est peu de le dire… Cet homme dans la quarantaine semble plongé dans une profonde mélancolie…]
A : Hmhm ? Tu as une famille ? (-Oui) Est-ce que… tu es marié ?
M : Je suis marié, j’ai des enfants…
A : Tu en as… beaucoup ? (- Deux.) Deux ? C’est… des garçons ? des filles ?
M : Hmm… C’est deux garçons.
S’il faut le préciser, et sans plus de détails, ici non plus, rien à voir avec la vie actuelle de Martine…
A : Oui, deux garçons, d’accord ? Et tu travailles toujours à l’usine de ton beau-père ? (- Oui.) Ok. … Et… est-ce que… est-ce que tu te plais dans ce que tu fais là-bas ?
M : [Grand soupir] … Non, pas vraiment, c’est euh… (-Hm…) J’aime pas le… le rapport que je dois avoir avec… avec les gens qui travaillent dans l’usine.
A : Aaah … Et, quel genre de poste as-tu dans l’usine ? Est-ce que…
M : J’ai un poste de direction. (- De direction ?) Et je… je suis mal à l’aise avec… (- Oui ?) ce qu’on me demande de faire ?
A : Ouiii…D’accord. Est-ce que ton beau-père est toujours là ? (- Oui.) Oui ? Est-ce que… vous avez une confiance mutuelle ? Comment se passent vos relations ? Comment décrirais-tu ça ? Comment te sens-tu vis-à-vis de… ton beau-père ?
M : … Il me considère comme son fils. (-Hmhm ?) J’ai pas de… il est pas méchant, il est pas…(-Hm) mais je… il voudrait juste que… que je sois lui, (-Aah) que je sois comme lui.
A : Et toi tu sens que… tu n’es peut-être pas pareil ? (- Non.) Aah… Comment es-tu différent ? Est-ce que tu joues toujours de la musique ?
M : … Un peu.
A : Oui ? Tu arrives à jouer un peu ? (- Oui, de temps en temps.) Oui ?… Est-ce que… tu as réussi à… passer ça à tes enfants ? (- … Non.) Non ? Pas plus que ça, pas spécialement…Hmhm…
M : Non, j’ai l’impression d’être… d’être seule dans mon…
A : Hmhm ? … Dans ta vie ?
M : Non, mais… (- Oui ?) … J’ai l’impression de pas être… du tout comme… les autres membres de… de ma famille.
A : Oui ? Pas comme on voudrait que tu sois ? (- Non, juste…) Juste différent ? (- Juste différent.) Ah oui ? Hmhm ? D’accord.
M : Non, il n’y a pas de…
A : Tout se passe bien mais…
M : Y a pas de pression particulière. (-Hmhm ?) Juste… … En fait, je crois que… (-Hmhm ?) … Je crois que j’ai besoin de… de composer de la musique… [De toute évidence, ce n’était pas facile d’exprimer ce besoin…]
A : Hummmm…. … C’est quelque chose qui te plaît ?
M : C’est quelque chose qui s’impose à moi.
A : C’est plus que (- Oui) « ça te plaît », ça te correspond… C’est ta nature. Tu as besoin de composer ?
M : J’ai tout le temps des musiques qui me viennent dans la tête, des choses qui… (-Hmmm) Et j’ai pas… J’ai pas le temps, j’ai pas le…
A : … Et c’est ça vraiment qui te rend… joyeux ? Qui peut te rendre joyeux ? Ou qui peut te rendre heureux ? (-Hm) La musique ? composée ? Mais tu ne…composes pas, hm… D’accord. … Bien. Maintenant…
Maintenant, la séance a déjà duré un moment, et il me semble opportun d’avancer tout naturellement vers le dernier jour de cette vie que nous observons, le dernier jour étant souvent riche d’enseignements… J’aurais simplement dû -mais c’était une des leçons pour le praticien, dans cette séance…- explorer peut-être encore une scène en chemin. Heureusement le « Subconscient » veille toujours, et il saura, vous le verrez plus loin, faire passer l’information pertinente et nous montrer l’ensemble de cette séance sous un jour tout autre… Pour le moment, je suggère à Martine d’avancer dans le temps vers le dernier jour de cette vie que nous explorons, en prévenant tout possible inconfort.
A : Que se passe-t-il ? Que vois-tu ?
M : … Je suis dans un lit. (-Hmhm ?) …Et je… [simplement et calmement] je sais que je vais mourir…
A : Hmhm ? Est-ce que tu es âgé ? (- Oui.) D’accord.
Ici, je me doute qu’il a pu se passer quelque chose entre la scène d’avant, où cet homme était dans la quarantaine, et le dernier jour de sa vie, où il est, donc, bien plus âgé…
A : Comment sais-tu que tu vas mourir ? Est-ce que c’est juste le moment ? Est-ce que…
M : Non, je suis malade et…
A : Aah…C’est la maladie, d’accord…
M : Oui. (-Oui ?) …Et j’ai du mal à respirer… (-Hmhm ?)
Ici, je donne à Martine des suggestions pour supprimer tout inconfort…
M : Oui, là, ça va. Je sens pas.
A : Et tu es malade… Et tu sais que tu vas bientôt… passer de l’autre côté, (-Hm) est-ce qu’il y a quelqu’un autour de toi ? (- Oui…) D’accord ? Qui vois-tu autour de toi, par exemple ?
M : Il y a… Il y a une femme, assez jeune… (-Oui ?) …qui essaye de… d’être… gaie ? (-Oui ?) Qui m’apporte des fleurs, (-Aaahh…) …qui range des fleurs dans un vase…près de mon lit… (-…de te réconforter, hmhm ?) Hm.
A : Est-ce que tu la connais bien ?
M : Oui, je la connais bien.
A : Oui, est-ce que c’est quelqu’un de ta famille ?
M : Oui.
A : Oui ? Peut-être… une fille, une petite fille ?
M : … C’est la femme… de mon fils.
A : Aaaah… C’est ta belle-fille ? Oui ? Et… ton fils…ton fils est là ?
M : Je le vois pas.
A : Pas là…Pas pour le moment, pas dans cette scène. D’accord. Très bien. Et comment est l’ambiance du lieu ? Est-ce que c’est plutôt calme ? Est-ce que tu entends quelque chose ?
M : …C’est apaisé… (- Apaisé. Hmhm ?) J’ai l’impression que…j’ai pas peur de mourir…
A : Oui, d’accord ? Est-ce que tu sais… de quoi tu es malade ? …Comment… Pas spécialement ?
M : Je pense que… Je pense que j’ai…une insuffisance cardiaque… (- Oui ? Quelque chose comme ça… ?) …qui… (-Hmhm ?) …et de…l’emphysème ?
A : Hmhm, d’accord, et c’est comme ça que… D’accord. Bon. Très bien. Et bien… à ce moment-là…
A ce moment-là vient une partie tout à fait intéressante ; j’emmène cet homme, en supprimant tout inconfort…de l’autre côté ! La QHHT, c’est aussi ça… L’idée, c’est, depuis l’autre côté, de porter un regard sur l’ensemble de cette vie, de l’observer sous un angle différent…
A : Est-ce que tu vois ton corps ? (-… Non.) Pas spécialement ? D’accord… Comment te sens-tu, que perçois-tu ?
M : … Je suis euh… (- Hmhm ?) …content de ma vie. Oui ?
C’est l’occasion, avec un autre regard, mais avant de demander plus d’informations au Subconscient, de faire un peu le bilan. Or ce bilan va s’avérer agréablement surprenant :
A : Quand tu observes cette vie, qu’as-tu appris de cette vie ? … Que finalement… … j’avais réussi… (-Hmhm ?) à faire ce que je voulais…
Ici, bien sûr, je suis un peu surpris…
A : Ah oui ? … Tu as réussi à faire ce que tu voulais ?
M : Oui, parce que je… (-Hmhm ?) … j’ai fini par… …par composer de la musique…
A : Aaaaahhh ? Et tu as pu… créer comme…c’était dans ta nature ? (- Oui.) Oui… Et apporter… ce que tu pouvais apporter aux gens… avec tes ressources intérieures ? …Oui ? (-Hm)… Oui ? … Est-ce que la…la deuxième partie de ta vie s’est mieux passée que la première ? (-Hm) Comment s’est passée cette partie…de compositeur ? [grande respiration de Martine] …Est-ce que tu as pu partager tes compositions ?
M : … Oui. (-Hmhm ?) J’ai pu… … j’ai pu en… … en jouer, en faire jouer.
A : Ah oui… … Nous avons vu beaucoup de difficultés en première partie de vie. Et donc, cette vie a pu te montrer que, malgré toutes ces difficultés apparentes, donc il était possible de faire… ce pour quoi tu étais profondément fait ?
M : Hm. (-Hunhun ?) Et c’était même pas difficile, finalement.
A : Et c’était pas difficile ? Sais-tu… ce qui s’est passé à un moment pour que tu réussisses à passer de… à donner toute son importance à ta vie de musicien ?
M : J’ai été… incapable de… de continuer ma vie d’avant.
A : Hmhm… Quelque chose s’est passé ? Ou il fallait simplement arrêter ?
M : Non, je crois que j’ai eu un… un accident…
A : Ah oui…
M : Un… un accident cardiaque.
A : Aaah, et il a fallu stopper l’activité ? (- Oui.) Faire autre chose ? (- [ajustant] Ne rien faire.) Aaah, ne rien faire ?
M : Et euh… en fait, ne rien faire, c’était pas ne rien faire. C’était… ne rien faire de ce que je faisais avant.
A : Hmhm… C’était te ramener à une véritable écoute, ou en tout cas, c’était une chance ? (-Hm) Huuun… Et après, tu as su… revoir tes priorités ? (- Oui.) Parce que c’était devenu vital, reconnaître le côté vital… (- Hm.) de ce qui comptait pour toi ? Hmhm… À ton avis, quel était le but de cette vie ?
M : … De… … Pour moi, ou pour euh… ?
A : Pour toi, pour toi. Quel était le but de cette vie ?
M : D’apprendre à… … d’apprendre… le chemin… (- Oui ?) … D’apprendre… … que c’est possible de… … de faire… ce pourquoi on… on pensait de faire….
A : Aah oui, hm … D’accord. … Et maintenant, est-ce que tu peux sentir… comment… comment tu te sens de l’autre côté ? Est-ce que quelqu’un est venu te chercher ? Est-ce que tu sais où tu vas ?
Cette séance est un peu ancienne maintenant, et avec du recul, comme praticien, j’en vois évidemment les nombreuses imperfections. J’aurais aujourd’hui posé des questions plus ouvertes, parce que les toutes dernières, par exemple, peuvent introduire des idées qui n’étaient pas nécessairement celles de Martine ; elles se rattachent à ce que des personnes ayant fait des expériences aux frontières de la mort ont pu rapporter, par exemple. Sur le moment, je visais seulement à nourrir la confiance et la détente de Martine en lui présentant des exemples de possibilités, dans cette phase de l’expérience qui -elle aussi- pourrait paraître étonnante, éveiller peut-être des résistances… A un niveau standard de vigilance, certaines personnes pourraient se sentir perplexe. Heureusement, si l’on peut dire, Martine ne répond pas simplement « Oui »… Elle est bien engagée dans son expérience et relate ce qui lui vient, et non pas ce qui pourrait lui être suggéré « de l’extérieur ». Et c’est -à mes yeux, et je ne sais pas ce que vous en penserez- autrement plus intéressant :
M : … … Hmm… Je sais pas, je… (- Hmhm ?) … En tout cas, je suis bien ?
A : Hmhm ? Tu te sens bien ? (- Oui) Hum. Comment décrirais-tu cette sensation ?
M : … … … … Chais pas, j’ai l’impression d’être… une volute… (-Hmm) de fumée ?
A : Comme une volute de fumée… Légère ? dynamique ?
M : … … Légère….
A : Légère. Oui ? … Est-ce que tu sens que tu as un corps physique ?
M : Non.
A : Non, juste la légèreté. Une volute (-Oui) de fumée. … Est-ce que tu perçois… autre chose ?
M : Des odeurs…
A : Quel genre d’odeurs… perçois-tu ?
M : [comme perplexe…] … Des odeurs de fruits… (- Hmhm ?) …De figues…
Pas de figues ou de fruits proches, là où la séance a lieu…
A : De figues… … Et est-ce que tu vois quelque chose d’autre ?
M : … … …[comme intimidée] De la lumière ?
A : Hmhm ? … Comment pourrais-tu décrire cette lumière ?
M : Une lumière rouge, un peu… (- Hmhm ?) … Apaisante…
A : Hmhm ? … … Est-ce qu’elle est loin ?
M : … Oui, assez…
A : Assez… Et toi, comment te sens-tu ? Que perçois-tu dans cet environnement ?
M : Je… Je me dirige vers la lumière. (- Hmhm ?) J’ai envie de… … de m’en approcher.
A : Oui ? … Et tu te déplaces ? ([nette] – Oui) Est-ce que tu te déplaces vite ? ([tout aussi nette] – Non.) Lentement ? (- Oui.) Oui ? Comment sais-tu que tu te déplaces lentement ? Tu as l’impression ?
M : … Est-ce que… Je sens… je sens pas l’air… sur… sur moi… (-Oui ?) Je sens pas de résistance…
A : Hm… Est-ce que tu entends quelque chose, dans cet environnement ?
M : Non, pas vraiment.
A : Pas vraiment… Hmhm ? … Est-ce qu’il y a d’autres présences ? … Est-ce que tu es… seul(e) ? (- Non.) Hmhm ? … Est-ce que tu t’es rapprochée de cette lumière que tu voyais ?
M : [grande respiration] Oui, je m’en rapproche. (- Hmhm ?) En fait, j’ai l’impression que c’est un coucher de soleil.
A : Comme un coucher de soleil… … D’accord. Et comment te sens-tu dans cette scène ? Dans cet endroit ?
M : Hmmm… Je reste en… … en hauteur, en retrait.
A : En hauteur, en retrait. Hmhm… … Est-ce que tu as la sensation de temps qui passe ?
M : … Oui, un peu, mais ça… c’est lent.
A : C’est lent ? Est-ce qu’il y a… de l’espace ? (-Oui) Oui ? … Est-ce que c’est plutôt agréable, plutôt… ?
M : Nan, c’est agréable…
A : Oui ? … D’accord… Eh bien… maintenant…éloignons-nous.
Eloignons-nous de cette vie, en effet, car il est temps, dans cette séance de QHHT, de contacter la partie la plus sage de Martine, son Subconscient, qui a choisi de faire émerger tout ce que nous avons exploré jusqu’ici (et que -pour ma part- je trouve déjà passionnant), et qui va pouvoir nous donner des clefs de compréhension… Ainsi, l’expérience gagne encore en profondeur. Mais tout ceci, vous le retrouverez dans mon prochain article…

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